Archives mensuelles : novembre 2017

Les droits de la Nature(*)

La Nouvelle-Zélande vient d’attribuer des droits à un fleuve, le Whanganui.

Il faut noter que dans le langage usuel, non scientifique, les éléments naturels sont conçus comme des êtres vivants: par exemple, le soleil se lève et se couche. Le vent se lève, se calme, tourne, s’arrête. Une rivière naît, descend, se jette dans un fleuve. Les montagnes naissent au bas des collines. Les saisons naissent et se meurent.

Les êtres de ce genre ont-ils des droits ?

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Le Rhône depuis les contreforts du massif central, en Ardèche, ou les Côtes du Rhône.

Il faut d’abord dire qu’il est sans doute arrivé à tout le monde de rester des secondes, des minutes ou des heures, devant la vision de grands éléments naturels: fleuves, massifs montagneux, littoraux océanique, volcan. Il arrive d’avoir l’impression légère mais nette, de se voir donné à voir un élément, un massif qui nous dépasse, qui vit profondément. On peut alors avoir l’impression d’être plus fort, d’être plus grand, de voir plus haut. C’est cette impression qu’il nous est donné d’avoir, qui pourrait apporter l’idée de donner des droits, puisqu’il a une vie, à un élément donné de la nature.

Ces éléments pourraient avoir le droit réaliser leurs cycles, afin, de manière secondaire, de donner aux hommes les ressources qu’ils en tirent et dont ils ont besoin. Cette analyse assez spirituelle permet de reconnaître une réelle utilité à chacun des éléments naturels qui accompagne notre temps sur Terre.

Les individus les plus importants ont un nom: le Soleil, la Lune, la Terre… les rivières, les forêts ont un nom. Cette conception est  légèrement différente d’une conception ancrée dans de nombreuses religions, dont la religion grecque, qui associait à chaque élément une personne, un Dieu ou demi-Dieu.

Notons que nommer un élément de la nature est un aspect universel de la conception de la nature par les humains. Ces noms changent selon les langues. Selon le pays d’origine des personnes, un être vivant porte donc un nom différent, tout en étant identifié en tout état de fait.

Jusqu’au 16ème siècle environ, les animaux avaient encore des droits en France. Pour de nombreux peuples premiers, les êtres vivants, et même la Terre entière, ont des droits. Cette philosophie a été gommée en France par la religion catholique, qui englobe la nature dans un grand tout, unique et indivisible, dont on peut disposer à satiété.

Il existe une limite à concevoir entre le naturalisme et la religion. Le naturalisme est une philosophie guidant vers une conception de la nature, organisant et concevant l’écologie des êtres vivant sur Terre, dans les limites de nos capacités de connaissances.

Autre nuance : certains éléments naturels, comme les nuages, ont parfois des ressemblances fugaces avec d’autres êtres vivants. Cette sorte de morphogéographie(1), si elle reste très proche de l’animisme, est aussi une manière de voir dans ces éléments de véritables êtres, ressemblant aux hommes. En Islande, il y a même des cartes qui localisent les trölls et les elfes.

(*) Wikipedia : droits de la nature

(1) morphogéographie : néologisme qui veut expliquer que des formes ayant des  ressemblances morphologiques, existent de partout dans le monde à partir de créations faites par les éléments naturels.

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