Programmation et vision du monde

La révolution numérique est-elle la révolution de connaissances (après l’imprimerie, alors que la vapeur, l’électricité, puis le pétrole, sont des révolutions énérgétiques), qui va nous apporter encore plus de liberté, mais nous condamner définitivement à perdre notre milieu naturel ?

Une évolution pour (re)prendre le contrôle ?

La différence est que cette révolution ne repose pas sur une énergie, mais sur des communications. Ces communications, de manière sensée, pourraient conduire à obtenir le miracle d’une prise de conscience de notre état collectif.

L’informatique nous apporte une meilleure vision du monde grâce aux communications, dont il faut faire provision pour mieux nous connaitre mutuellement. Mais la prospective analytique doit être envisagée beaucoup plus prudemment, car elle est basée sur un langage résumant au maximum la réalité, qui ne fait que projeter nos capacités naturelles, vers les capacité de calcul informatiques.

Pour cela, il y a probablement une limite à trouver entre le stockage d’informations, et la création de nouvelles analyses. Les qualités d’analyse et de stockage d’informations de l’informatique peuvent par exemple contribuer à gérer la question de l’énergie, même si celle-ci en est elle même très consommatrice. Mais si le fait d’analyser permet un meilleur pilotage, il y a aussi le risque de se tromper d’interprétation, et de tomber dans les oracles.

Les langages et la programmation : « Hello world »

Un langage, même écrit, fait passer des émotions, des sensations, des impressions. Le langage machine, informatique, le fait de façon très réduite. Le premier mot affiché par le programmateur débutant sur son écran, est pourtant « Hello world » (« Bonjour le Monde »). Le monde est notre imaginaire, et un logiciel va l’occuper. Cela agira sur notre territoire.

Les langages de programmation sont actuellement notre interface principale avec l’extérieur. Alors que les générations précédentes, ont su se développer à force de perception, d’observation, de connexions entre les idées, la principale fonction de développement depuis 30 ans est probablement la programmation informatique.

L’informatique fonctionne à la base de manière binaire, avec des 0 et des 1. Oui, ou non. Elle permet de faire soit des additions, soit des soustractions. L’informatique est par ailleurs elle-même conçue à partir d’une adaptation du langage oral, « le jargon ». Il est un langage de la famille de la novlangue. Le « jargon informatique » est un autre langage que celui de tous les jours, il représente un monde inconnu pour pas mal de gens. Les algorithmes eux, sont encore un résumé du jargon informatique.

Les algorithmes sont des textes écrits pour convertir une situation sous cette simple forme (0 ou 1). Ils sont très logiques, et doivent avoir toutes les étapes pour parvenir à un résultat. Les algorithmes permettent de donner des fonctions à un ordinateur, et ces fonctions sont organisées par logiciels, qui sont utilisés sur des thèmes donnés. Les fonctions se trouvent par des menus, qui permettent donc de mettre en route des opérations, et apporteront une modification des informations d’origine. Un logiciel est donc un très grand nombre d’algorithmes rassemblées entre eux, et l’informatique a pour but de voir le monde par les logiciels. Mais les algorithmes écrits ne couvrent pas toute la nature du monde. On peut remarque cependant, pour l’anecdote, que beaucoup de programmes informatiques sont baptisés avec des noms se référant à la nature (par exemple un logiciel de comptabilité : Ciel).

La cartographie

Actuellement, les images satellites et les photos aériennes sont une application importante du système numérique. Par ces cartes, nous connaissons le monde, grâce à des algorithmes qui corrigent plusieurs fois les données brutes, sur un écran. La géomatique (géographie combinée à l’informatique), fourmille de néologismes, et fait clairement partie de la famille de jargons de la novlangue.

Les langages de programmation n’apportent peut-être pas une meilleure vision du monde, en tout cas à court terme, car elle semble faire perdre une partie du contact avec le terrain, ce qui est un aspect important. Les cartes, ont longtemps été construites visuellement, avec un très gros travail sur le terrain : chaînes d’arpenteurs, triangulation, montage de tours de visée. Ces techniques ont perduré jusque dans les années 50, et aujourd’hui les théodolithes existent toujours, mais numérisés.

D’autre part, les cartes ont une légende, qui est la clé de translation entre un document écrit, et un document dessiné. Cette légende est souvent confondue avec le lookup table informatique, qui est la matrice qui traduit les octets d’une image, en pixels de couleurs. Avec les cartes numériques, l’ordinateur traduit en effet les informations (selon nos indications pour les couleurs), mais cela est différent de la légende : la légende résume, et elle est aussi un objet d’étude important lorsque l’on inspecte soigneusement une carte. Elles ont aussi un aspect artistique, et elle permet aussi et surtout l’oralité, ce qui est un aspect fondamental de la cartographie.

L’analyse par les cartes

Une carte est toujours une représentation vue de haut. Pour ce qui concerne la lecture, soit on la dispose sur une table, soit on l’affiche au mur. On a là une nuance entre phase d’analyse, et rôle de décoration. Mais l’analyse provient aussi de la qualité de l’organisation des informations.

Le ratio entre la densité d’information, le temps que l’on peut passe à étudier celles-ci, et la commodité de lecture (taille de l’écran), est parfois au désavantage du numérique. Dans le cas de WebMapping, on se retrouve parfois avec 50 calques, distribués à leurs tours en 4 ou 5 variables différentes. Les informations sont alors assez difficiles à départager.

Les outils web (webmapping et réseaux sociaux), permettent cependant d’améliorer cette question, et autorisent, avec une très bonne technicité sur le numérique, à travailler sur des cartes à plusieurs, et de manière concomittante. Le débit du réseau reste cependant à ce stade un critère important, dans le confort de travail.

Notre vision du monde est cependant modifiée par le numérique. On parle d’ailleurs de réalité augmentée, de réseaux sociaux. Ceux-ci ont un vrai rôle dans notre vie. Mais il reste important d’avoir la possibilité de s’extraire de ces techniques. Le code Social de Chez Nous apporte une méthodologie dans ce sens.

Repères :
* « Dimensions de l’enseignement de l’informatique » (Michel Volle)

* Internet Actus : Ce n’est pas le code qui importe, c’est le modèle

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