Le monde numérique et ses frontières

Les animaux ont tous un territoire. Le territoire est construit par nos actions, et le monde est construit par le langage. Le langage utilise l’imaginaire et retraduit des perceptions (vue, sentiments, ressentis,..), qui servent de moteur à l’action.

Or, la technologie numérique construit actuellement un monde réellement, qui est constitué par « l’imaginaire » construit autour du web et des diverstissements numériques. Transporté par le biais des robots auxquels nous faisons confiance (gps, satellites, SIG), qui possèdent des capacités de déplacement et de captation d’informations correspondant à ce que nous avons su leur transmettre, donc des capacités d’action automatisées, on peut se demander si le monde construit par les robots prend une part du monde construit par les animaux, et si cela se matérialise aussi sur les territoires ?

Le monde et le langage

Les langues sont d’une part différentes entre elles. Certaines langues sont holistiques, d’autres moins. Les langues holistiques parlent d’un monde cyclique, avec une temporalité. Elles proposent de nombreux mots pour décrire la nature, les saisons, le climat.

La novlangue de son coté, la langue technocratique, est une langue non holistique, et elle crée effectivement un monde éloigné du milieu naturel. La novlangue n’a aucune temporalité, tout y est immédiat. Des interactions peuvent avoir lieu, mais les corrections sont très rares.

L’écriture, elle aussi, constuit le monde. Les livres permettent de transmettre des messages, car en lisant un livre, on peut comprendre des choses nouvelles. L’écriture permet aussi de rapporter des histoires, des informations. 80 % des informations étant localisables, l’écriture est fortement liée à la construction du monde.

Un langage informatique est encore beaucoup plus faible que la novlangue dans ces domaines. Le monde créé via des langages informatiques est encore plus loin d’un monde humain. Ceci passe par des algorithmes, qui sont une réduction de nos langages. Les langages informatiques sont une organisation contenant très peu de termes, ce qui définit un monde assez simple à priori.

Trouver la limite 

Le système informatique est un monde, un peu plus qu’un système, car de nombreux appareils communiquent entre eux : satellites, ordinateurs, Gps. Il est donc fermé, complet, avec peu d’éléments géographiques, mais un comportement autonome. On peut même considérer qu’un ordinateur a un territoire, car il établit des communications via internet, qui sont le cas échéant retranscriptibles sur une carte.

Il existe des interactions entre le monde numérique lui-même, et le monde naturel. Les intempéries peuvent jouer sur les transmissions, et rompre parfois les communications. L’énergie est un autre élément naturel en interaction avec le monde numérique.

Il existe aussi une action directe, avec parfois assez peu d’intervention de notre part, de l’outil informatique sur la nature. L’informatique permet de créer des documents utilisé pour la gestion de territoires. – pour les très grandes exploitations agricoles, ou les autoroutes, par exemple. Les tâches y sont gérées par informatique, gps, et SIG, voire DAO. – L’aménagement du territoire lui-même est aussi beaucoup basé sur les techniques de SIG et de DAO.

Les ondes wifi, 3G et 4G sont aussi beaucoup utilisées, et elles ont d’ailleurs, peut-être, des effets néfastes sur notre santé. Les autoradios sont aussi un présence forte du numérique, dans beaucoup de nos trajets.

Les codes sont une porte avec le monde numérique : code de carte bleue, code de portail. Les robots vous répondent, soit par des sonneries, soit par la voix. Les moyens mnémotechniques pour se souvenir des codes (mois en cours, années en cours, nom de votre grand-mère), sont parfois des retours vers les connaissances personnelles.

Les réseaux ne sont pas faciles à entretenir à leurs extrémités, en altitude et en hiver

Les réseaux ne sont pas faciles à entretenir à leurs extrémités, en altitude et en hiver

Le monde numérique construit (en partie) le monde naturel

Actuellement, toutes les parcelles agricoles de l’Europe sont suivies par satellites. Les données (très « riches ») sont réactualisées chaque année par les agriculteurs, ce qui permet quasiment en temps réel d’ajuster les prix de vente, sans doute en tenant compte des intempéries, et des aléas climatiques.

Ce site propose un suivi des bateaux naviguant sur les mers, et sur les fleuves.

La carte a un coté impressionnant par le débit de bateaux. Elle est aussi étonnante par le fait que certains bateaux vont à l’intérieur des continents, apporter les marchandises sur le pied de porte des grandes villes. Ce site est donc un outil du monde numérique.

La question est la cohabitation de ce monde avec tous les mondes humains. Il existe ainsi une frontière avec la technologie : le curseur entre notre propre monde et le monde de la technologie, laquelle est de plus en plus vaste et autonome, doit être maintenue sous contrôle, dans l’idéal, car la technologie ne connait pas la naturalité.

Monde numérique et monde humain : où est le curseur ?

Par l’action on peut s’apercevoir que ce que l’on appelle aujourd’hui le monde enchanté, si ce n’est le monde normal, est exactement… à portée de main.

Eteindre sa box tous les soirs, éteindre son téléphone mobile, éteindre son ordinateur, éteindre sa télévision, sont des gestes qui ont deux conséquences : une réduction sensible de sa facture d’énergie. Et une reconnexion aux sensations « habituelle », naturelles.

Faire l’expérience, en jouant le jeu, et il est par exemple possible de regagner assez vite une très bonne qualité de sommeil. L’attention est également tout de suite attirée par des choses telles que la végétation, la route que l’on doit prendre, le jardin du voisin.

Avoir conscience de ces curseurs, permet de réguler notre relation avec le monde numérique, et de contrôler l’énergie utilisée. Le principe des locavores est par exemple aux antipodes de ce système numérisé, même s’il ne se défait pas complètement du web ou des smartphones.

Une corrélation numérique – perte de biodiversité ?

A vrai dire, les satellites balayent aujourd’hui tout le globe de manière permanente, et on peut donc plutôt parler de couches successives de couvertures, comme des couches sédimentaires, posées sur un espace géographique par les différentes technologies numériques (visualisable par le principe des profils en long).

La réponse est peut-être que par le numérique, on perd le contact avec la biodiversité. Mais cet outil reste le moteur d’une grande évolution de nos connaissances, ce qui le rend indispensable actuellement (voir Programmation et Vision du Monde).

Repères :

– Territoire et jeux d’acteurs : quelle intelligence territoriale pour quelle intelligence collective ? Par Alexandre Moine, responsable du pôle intelligence territoriale au laboratoire Théma, université de Franche-Comté. Cette présentation permet de très bien comprendre la définition du monde numérique par un nouveau langage, le langage informatique.

Dans cette vidéo est évoquée la question de la grammaire des langages informatiques, et la question de la façon de retranscrire l’espace avec cette grammaire.

– La coopération entre robots progresse (Science et Avenir).

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