Archives mensuelles : novembre 2014

Informatique et clés naturelles ?

Tout se fait à notre image, dit on. L’informatique est à la fois une somme de nos connaissances, par les évolutions technologiques qui y sont rassemblées et additionnées, mais aussi une sorte de résumé et de synthèse technologique, puisqu’il faut descendre jusqu’au 0 ou 1 pour y entrer des informations. En dehors du jargon lié à la Novlangue technologique, on peut détecter beaucoup de traces de mots liés à la nature dans le vocabulaire informatique. On constate au passage que l’anglais est une langue plutôt naturaliste, avec des liens très net entre les objets et le monde de la nature, peut-être par son influence venant de la culture celte.

Web

– Le port

– Les baies

– Les sites

– Les adresses

– Domaine

– Portail

– HomePage (page d’accueil) : home = maison.

– « Nuage » de données (le « Cloud »)

– Débit (confère les rivières).

– Roots (racines)

– Arborescence.

– Système d’exploitation. (Exploitation de connaissances organisées sur le disque dur). En anglais, on nomme cela un « Operating System », ce qui entend que le but est effectivement de faire une « opération sur le réel ».

– Mel: mal et miel en ancien français

– Le web : la toile.. du peintre, plutôt que celle de l’araignée ?… Le web dresse un paysage de connaissance que se veut universel, coloré et vivant, sur la toile des écrans d’ordinateur…

 Noms d’OS ou de PC :

– Windows (fenêtre),

– Leopard (OS Macintosh)

– Apache (serveur libre)

Sonorités (recherche en cours) :

– de nombreux jeux vidéos ou votre propre pc sont des chants d’oiseaux.

Symboles : 

– Linux : le Pingouin

– Apple (Pc Mc Intosch) : la Pomme

– Twitter: gazouilleur (de gazouillis).

Quelques Logiciels

– Ciel (comptabilité)

– Adobe : c’est une brique de terre crue séchée au soleil. C’est aussi une couleur, de type « terre cuite ».

– Flash : « éclair ».

– « Navigateur » pour aller sur le web (ou « Browser » – « butineurs »).

– Firefox (le « renard de feu »),

– ThunderBird (l’oiseau de Tonnerre),

– Safari.

Vocabulaire de l’utilisateur :

– Surfer

– Ramer (quand le débit est trop lent)

– Migrer (faire passer les données d’un disque vers un autre).

Composants informatiques

– Les « puces » sont les « coeurs ».

– les décibels (les bauds ou octets) passent par des « bus ».

– Les cartes mères ont l’aspect d’une ville nord américaine, surtout de leur partie industrielle.

– La souris dont la queue relie l’ordinateur à l’objet dirigeant la flèche d’écran.

Or, les villes Us tournent progressivement à la permaculture (Detroit, New-York). Cette évolution elle-même va-t-elle changer la conception de nos PC, par un effet de retour de l’introduction de cet article (« On ne conçoit rien qu’à notre image ») ?…

On voit déjà apparaître les premiers ordinateurs en bois, construits à la main. Mais ce genre de modèle correspond à une démarche personnelle. L’ordinateur Jerry, fait avec des matériaux de récupération, va aussi dans cette veine.

Mais on pourrait aussi s’apercevoir dans 50 ans, que les mots utilisés ci-dessus, surtout pour la faune et la flore, resteraient pour certains des réminiscences d’un autre monde, un peu oublié, celui où il n’y avait pas que des drônes dans le ciel, mais aussi des oiseaux…

Repères :

Clavier d’ordinateur en bois

Ordinateur en bois à se faire tout seul

Ordinateur Jerry 

Aujourd’hui une vache c’est avant tout un fichier d’ordinateur.

Les chants d’oiseaux

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Le monde numérique et ses frontières

Les animaux ont tous un territoire. Le territoire est construit par nos actions, et le monde est construit par le langage. Le langage utilise l’imaginaire et retraduit des perceptions (vue, sentiments, ressentis,..), qui servent de moteur à l’action.

Or, la technologie numérique construit actuellement un monde réellement, qui est constitué par « l’imaginaire » construit autour du web et des diverstissements numériques. Transporté par le biais des robots auxquels nous faisons confiance (gps, satellites, SIG), qui possèdent des capacités de déplacement et de captation d’informations correspondant à ce que nous avons su leur transmettre, donc des capacités d’action automatisées, on peut se demander si le monde construit par les robots prend une part du monde construit par les animaux, et si cela se matérialise aussi sur les territoires ?

Le monde et le langage

Les langues sont d’une part différentes entre elles. Certaines langues sont holistiques, d’autres moins. Les langues holistiques parlent d’un monde cyclique, avec une temporalité. Elles proposent de nombreux mots pour décrire la nature, les saisons, le climat.

La novlangue de son coté, la langue technocratique, est une langue non holistique, et elle crée effectivement un monde éloigné du milieu naturel. La novlangue n’a aucune temporalité, tout y est immédiat. Des interactions peuvent avoir lieu, mais les corrections sont très rares.

L’écriture, elle aussi, constuit le monde. Les livres permettent de transmettre des messages, car en lisant un livre, on peut comprendre des choses nouvelles. L’écriture permet aussi de rapporter des histoires, des informations. 80 % des informations étant localisables, l’écriture est fortement liée à la construction du monde.

Un langage informatique est encore beaucoup plus faible que la novlangue dans ces domaines. Le monde créé via des langages informatiques est encore plus loin d’un monde humain. Ceci passe par des algorithmes, qui sont une réduction de nos langages. Les langages informatiques sont une organisation contenant très peu de termes, ce qui définit un monde assez simple à priori.

Trouver la limite 

Le système informatique est un monde, un peu plus qu’un système, car de nombreux appareils communiquent entre eux : satellites, ordinateurs, Gps. Il est donc fermé, complet, avec peu d’éléments géographiques, mais un comportement autonome. On peut même considérer qu’un ordinateur a un territoire, car il établit des communications via internet, qui sont le cas échéant retranscriptibles sur une carte.

Il existe des interactions entre le monde numérique lui-même, et le monde naturel. Les intempéries peuvent jouer sur les transmissions, et rompre parfois les communications. L’énergie est un autre élément naturel en interaction avec le monde numérique.

Il existe aussi une action directe, avec parfois assez peu d’intervention de notre part, de l’outil informatique sur la nature. L’informatique permet de créer des documents utilisé pour la gestion de territoires. – pour les très grandes exploitations agricoles, ou les autoroutes, par exemple. Les tâches y sont gérées par informatique, gps, et SIG, voire DAO. – L’aménagement du territoire lui-même est aussi beaucoup basé sur les techniques de SIG et de DAO.

Les ondes wifi, 3G et 4G sont aussi beaucoup utilisées, et elles ont d’ailleurs, peut-être, des effets néfastes sur notre santé. Les autoradios sont aussi un présence forte du numérique, dans beaucoup de nos trajets.

Les codes sont une porte avec le monde numérique : code de carte bleue, code de portail. Les robots vous répondent, soit par des sonneries, soit par la voix. Les moyens mnémotechniques pour se souvenir des codes (mois en cours, années en cours, nom de votre grand-mère), sont parfois des retours vers les connaissances personnelles.

Les réseaux ne sont pas faciles à entretenir à leurs extrémités, en altitude et en hiver

Les réseaux ne sont pas faciles à entretenir à leurs extrémités, en altitude et en hiver

Le monde numérique construit (en partie) le monde naturel

Actuellement, toutes les parcelles agricoles de l’Europe sont suivies par satellites. Les données (très « riches ») sont réactualisées chaque année par les agriculteurs, ce qui permet quasiment en temps réel d’ajuster les prix de vente, sans doute en tenant compte des intempéries, et des aléas climatiques.

Ce site propose un suivi des bateaux naviguant sur les mers, et sur les fleuves.

La carte a un coté impressionnant par le débit de bateaux. Elle est aussi étonnante par le fait que certains bateaux vont à l’intérieur des continents, apporter les marchandises sur le pied de porte des grandes villes. Ce site est donc un outil du monde numérique.

La question est la cohabitation de ce monde avec tous les mondes humains. Il existe ainsi une frontière avec la technologie : le curseur entre notre propre monde et le monde de la technologie, laquelle est de plus en plus vaste et autonome, doit être maintenue sous contrôle, dans l’idéal, car la technologie ne connait pas la naturalité.

Monde numérique et monde humain : où est le curseur ?

Par l’action on peut s’apercevoir que ce que l’on appelle aujourd’hui le monde enchanté, si ce n’est le monde normal, est exactement… à portée de main.

Eteindre sa box tous les soirs, éteindre son téléphone mobile, éteindre son ordinateur, éteindre sa télévision, sont des gestes qui ont deux conséquences : une réduction sensible de sa facture d’énergie. Et une reconnexion aux sensations « habituelle », naturelles.

Faire l’expérience, en jouant le jeu, et il est par exemple possible de regagner assez vite une très bonne qualité de sommeil. L’attention est également tout de suite attirée par des choses telles que la végétation, la route que l’on doit prendre, le jardin du voisin.

Avoir conscience de ces curseurs, permet de réguler notre relation avec le monde numérique, et de contrôler l’énergie utilisée. Le principe des locavores est par exemple aux antipodes de ce système numérisé, même s’il ne se défait pas complètement du web ou des smartphones.

Une corrélation numérique – perte de biodiversité ?

A vrai dire, les satellites balayent aujourd’hui tout le globe de manière permanente, et on peut donc plutôt parler de couches successives de couvertures, comme des couches sédimentaires, posées sur un espace géographique par les différentes technologies numériques (visualisable par le principe des profils en long).

La réponse est peut-être que par le numérique, on perd le contact avec la biodiversité. Mais cet outil reste le moteur d’une grande évolution de nos connaissances, ce qui le rend indispensable actuellement (voir Programmation et Vision du Monde).

Repères :

– Territoire et jeux d’acteurs : quelle intelligence territoriale pour quelle intelligence collective ? Par Alexandre Moine, responsable du pôle intelligence territoriale au laboratoire Théma, université de Franche-Comté. Cette présentation permet de très bien comprendre la définition du monde numérique par un nouveau langage, le langage informatique.

Dans cette vidéo est évoquée la question de la grammaire des langages informatiques, et la question de la façon de retranscrire l’espace avec cette grammaire.

– La coopération entre robots progresse (Science et Avenir).

Programmation et vision du monde

La révolution numérique est-elle la révolution de connaissances (après l’imprimerie, alors que la vapeur, l’électricité, puis le pétrole, sont des révolutions énérgétiques), qui va nous apporter encore plus de liberté, mais nous condamner définitivement à perdre notre milieu naturel ?

Une évolution pour (re)prendre le contrôle ?

La différence est que cette révolution ne repose pas sur une énergie, mais sur des communications. Ces communications, de manière sensée, pourraient conduire à obtenir le miracle d’une prise de conscience de notre état collectif.

L’informatique nous apporte une meilleure vision du monde grâce aux communications, dont il faut faire provision pour mieux nous connaitre mutuellement. Mais la prospective analytique doit être envisagée beaucoup plus prudemment, car elle est basée sur un langage résumant au maximum la réalité, qui ne fait que projeter nos capacités naturelles, vers les capacité de calcul informatiques.

Pour cela, il y a probablement une limite à trouver entre le stockage d’informations, et la création de nouvelles analyses. Les qualités d’analyse et de stockage d’informations de l’informatique peuvent par exemple contribuer à gérer la question de l’énergie, même si celle-ci en est elle même très consommatrice. Mais si le fait d’analyser permet un meilleur pilotage, il y a aussi le risque de se tromper d’interprétation, et de tomber dans les oracles.

Les langages et la programmation : « Hello world »

Un langage, même écrit, fait passer des émotions, des sensations, des impressions. Le langage machine, informatique, le fait de façon très réduite. Le premier mot affiché par le programmateur débutant sur son écran, est pourtant « Hello world » (« Bonjour le Monde »). Le monde est notre imaginaire, et un logiciel va l’occuper. Cela agira sur notre territoire.

Les langages de programmation sont actuellement notre interface principale avec l’extérieur. Alors que les générations précédentes, ont su se développer à force de perception, d’observation, de connexions entre les idées, la principale fonction de développement depuis 30 ans est probablement la programmation informatique.

L’informatique fonctionne à la base de manière binaire, avec des 0 et des 1. Oui, ou non. Elle permet de faire soit des additions, soit des soustractions. L’informatique est par ailleurs elle-même conçue à partir d’une adaptation du langage oral, « le jargon ». Il est un langage de la famille de la novlangue. Le « jargon informatique » est un autre langage que celui de tous les jours, il représente un monde inconnu pour pas mal de gens. Les algorithmes eux, sont encore un résumé du jargon informatique.

Les algorithmes sont des textes écrits pour convertir une situation sous cette simple forme (0 ou 1). Ils sont très logiques, et doivent avoir toutes les étapes pour parvenir à un résultat. Les algorithmes permettent de donner des fonctions à un ordinateur, et ces fonctions sont organisées par logiciels, qui sont utilisés sur des thèmes donnés. Les fonctions se trouvent par des menus, qui permettent donc de mettre en route des opérations, et apporteront une modification des informations d’origine. Un logiciel est donc un très grand nombre d’algorithmes rassemblées entre eux, et l’informatique a pour but de voir le monde par les logiciels. Mais les algorithmes écrits ne couvrent pas toute la nature du monde. On peut remarque cependant, pour l’anecdote, que beaucoup de programmes informatiques sont baptisés avec des noms se référant à la nature (par exemple un logiciel de comptabilité : Ciel).

La cartographie

Actuellement, les images satellites et les photos aériennes sont une application importante du système numérique. Par ces cartes, nous connaissons le monde, grâce à des algorithmes qui corrigent plusieurs fois les données brutes, sur un écran. La géomatique (géographie combinée à l’informatique), fourmille de néologismes, et fait clairement partie de la famille de jargons de la novlangue.

Les langages de programmation n’apportent peut-être pas une meilleure vision du monde, en tout cas à court terme, car elle semble faire perdre une partie du contact avec le terrain, ce qui est un aspect important. Les cartes, ont longtemps été construites visuellement, avec un très gros travail sur le terrain : chaînes d’arpenteurs, triangulation, montage de tours de visée. Ces techniques ont perduré jusque dans les années 50, et aujourd’hui les théodolithes existent toujours, mais numérisés.

D’autre part, les cartes ont une légende, qui est la clé de translation entre un document écrit, et un document dessiné. Cette légende est souvent confondue avec le lookup table informatique, qui est la matrice qui traduit les octets d’une image, en pixels de couleurs. Avec les cartes numériques, l’ordinateur traduit en effet les informations (selon nos indications pour les couleurs), mais cela est différent de la légende : la légende résume, et elle est aussi un objet d’étude important lorsque l’on inspecte soigneusement une carte. Elles ont aussi un aspect artistique, et elle permet aussi et surtout l’oralité, ce qui est un aspect fondamental de la cartographie.

L’analyse par les cartes

Une carte est toujours une représentation vue de haut. Pour ce qui concerne la lecture, soit on la dispose sur une table, soit on l’affiche au mur. On a là une nuance entre phase d’analyse, et rôle de décoration. Mais l’analyse provient aussi de la qualité de l’organisation des informations.

Le ratio entre la densité d’information, le temps que l’on peut passe à étudier celles-ci, et la commodité de lecture (taille de l’écran), est parfois au désavantage du numérique. Dans le cas de WebMapping, on se retrouve parfois avec 50 calques, distribués à leurs tours en 4 ou 5 variables différentes. Les informations sont alors assez difficiles à départager.

Les outils web (webmapping et réseaux sociaux), permettent cependant d’améliorer cette question, et autorisent, avec une très bonne technicité sur le numérique, à travailler sur des cartes à plusieurs, et de manière concomittante. Le débit du réseau reste cependant à ce stade un critère important, dans le confort de travail.

Notre vision du monde est cependant modifiée par le numérique. On parle d’ailleurs de réalité augmentée, de réseaux sociaux. Ceux-ci ont un vrai rôle dans notre vie. Mais il reste important d’avoir la possibilité de s’extraire de ces techniques. Le code Social de Chez Nous apporte une méthodologie dans ce sens.

Repères :
* « Dimensions de l’enseignement de l’informatique » (Michel Volle)

* Internet Actus : Ce n’est pas le code qui importe, c’est le modèle