Les conflits territoriaux : une résolution par les cartes en « M3DP » ?

Au jour de l’arrivée de l’imprimante 3D, il est possible de confectionner des réalisations cartographiques, qui apportent d’autres dimensions à la cartographie (voir cette réalisation de la Ville de Pau, en partenariat avec le FabLab et la CyberBase de Pau Pyrénées).

Il s’agit de cartes en relief, construites numériquement, et converties sur un support physique par impression ou par moulage. Ces cartes peuvent être nommées en français les « Modèles 3D Participatifs » (M3DP).

Le but est de permettre aux habitants ou aux acteurs territoriaux de se construire leur vision du terrain, soit pour se représenter son histoire, soit pour la transmettre à des interlocuteurs.

Une approche encore plus poussée, basée sur ce modèle, apporte au moins deux nouvelles dimensions à ces cartes. En effet, dans cette approche, la carte est construite et défendue par les acteurs concernés par des enjeux locaux (en fait, toute la population d’un village, ou toute une nation).

Ces cartes tout d’abord sont des rendus 3D. Elles peuvent être comparées aux cartes en 3D utilisées depuis des 600 ans dans la stratégie militaire, mais elles apportent en fait une structure qui permet d’organiser la paix, ou en tout cas les conditions d’organisation et de co-existence sur un terroir donné, qui se discutent selon les enjeux de chacun.

Il s’agit d’une méthode actuellement utilisée sous le terme de « Participatory Gis« , dans de nombreux cas de contrôle d’influences territoriales, surtout pour des nation minoritaires.  Ce genre de carte, donne la possibilité à une communauté, de négocier avec des interlocuteurs sur une base construite, et en se rapprochant de la situation du terrain. Les matériaux peuvent être à la fois très artisanaux, mais avec une méthode collective très organisée, cela donne un document commun, graphique et visuel.

Deux nouvelles dimensions apparaissent avec ce genre de cartographie. La première est une réflexion sur cet exercice très spécial, qu’est la représentation de son propre territoire. Cela peut participer à la meilleure compréhension, meilleure appropriation, de son propre territoire. Collectivement, cela permet probablement d’améliorer la vision du terroir, et son pilotage.

La deuxième dimension est la réflexion collective qui abouti au dessin de cette carte. Acquisition des clés de représentation (symboles, conventions), mise à l’échelle, restitution de souvenirs, ou plus précisément de la carte mentale, sur un support physique. On acquiert un véritable alpahabet, qui est finalement une clé pour poser différement les problèmes et résoudre des questions de cohabitation.

Elle permet d’apporter un consensus sur la fabrication de cette carte, donc une vision partagée du territoire. Les corrections, au fil du temps, sont l’occasion de discuter des questions relatives à l’occupation du sol. C’est donc un support de gouvernance, où les questions sont directement rapportées à l’espace.

Enfin, la publication de cette carte, est faite par vidéo, ce qui permet de laisser la carte d’origine sur site, et de diffuser l’information, en créant un ancrage local, autour duquel s’organise la gouvernance.

La sixième dimension est donc apparue dans la cartographie…

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