Archives mensuelles : avril 2014

Les conflits territoriaux : une résolution par les cartes en « M3DP » ?

Au jour de l’arrivée de l’imprimante 3D, il est possible de confectionner des réalisations cartographiques, qui apportent d’autres dimensions à la cartographie (voir cette réalisation de la Ville de Pau, en partenariat avec le FabLab et la CyberBase de Pau Pyrénées).

Il s’agit de cartes en relief, construites numériquement, et converties sur un support physique par impression ou par moulage. Ces cartes peuvent être nommées en français les « Modèles 3D Participatifs » (M3DP).

Le but est de permettre aux habitants ou aux acteurs territoriaux de se construire leur vision du terrain, soit pour se représenter son histoire, soit pour la transmettre à des interlocuteurs.

Une approche encore plus poussée, basée sur ce modèle, apporte au moins deux nouvelles dimensions à ces cartes. En effet, dans cette approche, la carte est construite et défendue par les acteurs concernés par des enjeux locaux (en fait, toute la population d’un village, ou toute une nation).

Ces cartes tout d’abord sont des rendus 3D. Elles peuvent être comparées aux cartes en 3D utilisées depuis des 600 ans dans la stratégie militaire, mais elles apportent en fait une structure qui permet d’organiser la paix, ou en tout cas les conditions d’organisation et de co-existence sur un terroir donné, qui se discutent selon les enjeux de chacun.

Il s’agit d’une méthode actuellement utilisée sous le terme de « Participatory Gis« , dans de nombreux cas de contrôle d’influences territoriales, surtout pour des nation minoritaires.  Ce genre de carte, donne la possibilité à une communauté, de négocier avec des interlocuteurs sur une base construite, et en se rapprochant de la situation du terrain. Les matériaux peuvent être à la fois très artisanaux, mais avec une méthode collective très organisée, cela donne un document commun, graphique et visuel.

Deux nouvelles dimensions apparaissent avec ce genre de cartographie. La première est une réflexion sur cet exercice très spécial, qu’est la représentation de son propre territoire. Cela peut participer à la meilleure compréhension, meilleure appropriation, de son propre territoire. Collectivement, cela permet probablement d’améliorer la vision du terroir, et son pilotage.

La deuxième dimension est la réflexion collective qui abouti au dessin de cette carte. Acquisition des clés de représentation (symboles, conventions), mise à l’échelle, restitution de souvenirs, ou plus précisément de la carte mentale, sur un support physique. On acquiert un véritable alpahabet, qui est finalement une clé pour poser différement les problèmes et résoudre des questions de cohabitation.

Elle permet d’apporter un consensus sur la fabrication de cette carte, donc une vision partagée du territoire. Les corrections, au fil du temps, sont l’occasion de discuter des questions relatives à l’occupation du sol. C’est donc un support de gouvernance, où les questions sont directement rapportées à l’espace.

Enfin, la publication de cette carte, est faite par vidéo, ce qui permet de laisser la carte d’origine sur site, et de diffuser l’information, en créant un ancrage local, autour duquel s’organise la gouvernance.

La sixième dimension est donc apparue dans la cartographie…

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Villes, utilisation des réseaux, densité et haut débit

Une ville se régénère en permanence, et les travaux, notamment pour entretenir les réseaux ou en faire de nouveaux, gênent souvent la circulation. A part l’idée qu’internet pourrait servir à éviter le temps passé au milieu de réseaux en réparation, grâce au télétravail, on comprend aussi que les cartes ne sont jamais tenues à jour, surtout en milieu urbain.

Les réseaux étant des aspects importants d’une carte, il est intéressant de voir comment le libre, et en particulier OpenStreetMap, traite cette information. Le fond de carte OpenStreetMap pourrait-il être exploitable pour mieux suivre l’évolution des réseaux : autoroutes, routes, électricité ?…

Un aperçu de la carte OpenstreetMap ci-dessous permet d’observer ce sujet. Normallement, du fait de la méthode de récolte de données, les réseaux les plus faciles à représenter sont les routes et les autoroutes. Elles sont donc présentes sur la carte, et à notre connaissance, rien ne manque. 

Les cartes de réseaux électriques étant peut-être un peu moins fréquentes, il est intéressant de chercher si ceux-ci, sont représentés dans l’OpenData. En se connectant sur le Site d’OpenStreetMap, on repère assez vite sur le fond de carte pas mal d’infrastructures, dont les réseaux éléctriques. 

Le réseau est très bien dessiné, et on peut voir dans cette zone au Sud-est de l’Ile-de- France une zone très nette de distribution du réseau d’électricité.Un arrêt dans cette carte sur la commune de Sivry-Couty, permet de voir un site de transition et de redistribution des lignes.

Afficher la carte

Les réseaux sont à vrai dire très bien représentés sur OpenstreetMap, et pas seulement le réseau routier. En recherchant dans la page Mapping Project d’OpenstreetMap, on note qu’un projet assez avancé a été mis en place sur les réseaux d’électricité. Une nomenclature précise existe, et une quinzaine de pays, dont une demi-douzaine en Europe, sont construits. Les réseaux électriques sont bien présents dans OpenStreetMap, entre autre pour la France. Ce fond de carte est donc plutôt à jour, et peut être utilisé dans des études. 

Lesquelles études, peuvent donc se faire dans un cycle complètement numérisé, puisque l’information et les moyens de communication se utilisent le web. Organiser tout cela en télétravail permettrait, potentiellement, d’éviter de passer une partie de son temps dans les embouteillages. A ce titre, une nation comme la Lettonie a une situation fortement favorisée, et a d’ailleurs bien joué cet avantage pour développer sa réputation au sujet de la qualité de sa culture numérique.

De fait, pour ce qui concerne la qualité de la desserte, le rapport entre le débit et la densité de population est plus facile à optimiser, lorsque les distances sont moins grandes. Les pays les moins étendus peuvent plus facilement apporter une très bonne qualité de réseau : il y reste peu de zones grises.

Les grandes agglomérations, ou les petits pays, peuvent ainsi, avec cette technologie, rester facilement au contact sur le plan de la communication. Le télétravail pourrait être compris à ces échelles, comme un aménagement du temps, par rapport au temps et aux investissements faits pour entretenir les autres réseaux (routes, éléctricité, gaz, eau). 

Entre les agglomérations, sur les grandes distances, les échanges se font par des fibres optiques à très haut débit, souvent le long des autoroutes, et l’infrastructure peut-être gérée à une plus petite échelle.   Les réseaux ont alors une emprise spatiale commune, et leur gestion est beaucoup plus un problème de coût. On peut y associer à ce stade des notions de développement et de politique lourde d’occupation du territoire. 

L’émission Planète Terre (France Culture) du 09/04/2014 traite de la géopolitique des infrastructure internet. Le site web de cette émission apporte une documentation complète sur la structure des autoroutes de l’information.

Fils téléphoniques

Il faut parfois se dire que toutes les maisons sont connectées entre elles par des fils téléphoniques. Il s’agit de fils de cuivre, ceux qui permettent d’appeler n’importe où, ou presque, depuis chez soi.

Cette vue donne une idée de la logistique que nous employons pour habiter sur notre planète. 

Des câbles parcourent le fond des mers pour relier les continents. Les dorsales téléphoniques (ou BackBones), tendent les communications qui développent notre civilisation. Depuis quelques temps, ces câbles sont aussi relayés par des satellites, et surtout pour le téléphone par les ondes radios, avec de très nombreuses antennes.

L’humanité est encore aujourd’hui présente sur Terre pobablement par tous les âges. Des Amish aux New-yorkais, en passant par le système agraire en Nouvelle-Guinée, tous les stades de développements de notre humanité sont peut-être encore présents sur la planète. Un exemple parmi des millions, ce lithophone encore connu, quelque part en Inde. Alors que notre civilisation consomme en ressources l’équivalent de plusieurs Terres, est-il possible de rêver de s’inscrire sur le peuple qui aurait le niveau de développement le plus adapté aux ressources de la planète (exemple :  la communauté Longo Maï)?

Ou peut-être faut-il inventer une ingénierie qui serait moins difficile à maintenir au niveau de l’énergie, en termes de mécanique… En tout cas, l’utopie de réussir à ajuster notre mode de vie à ce que peuvent donner nos milieux naturels, est une perspective très riche à travailler.

L’émission Planète Terre (France Culture) du 09/04/2014 traite de la géopolitique des infrastructure internet. Le site web de cette émission apporte une documentation complète sur la structure des autoroutes de l’information.

Le paysage est-il culturel ?

Le milieu naturel est là… et  que doit on faire, lorsque l’on ne fait pas d’agriculture, de pêche, ou de foresterie ?…

La relation avec la nature est une question très souvent traitée dans nos voeux occidentaux. Qu’elle soit numérique ou non, notre société applique actuellement  des lois plutôt dures, qui ont fini par couper la sensation de vivre dans un milieu naturel.

Cependant, la nature existe, même lorsque l’on ne l’exploite pas. Avec le Land Art, il existe quelques traces d’une culture artistique en relation avec le milieu naturel. Cette vidéo, où des musiciens improvisent de la musique sur la glace du grand Lac Baïkal, peut répondre en partie à cette question.

La note qui ressort de cette musique a un coté à la fois très moderne et très traditionnel.

Dans nos contrées, le paysage se vit plus en lectures, en peintures, en photos. On trouve des exemples très parlant dans de nombreux cas de la littérature qui  est énormément allée dans cette veine, notamment au 19 ème siècle. On parle même de tableaux pour décrire une « scène », dont on serait d’ailleurs spectateurs. On a l’exemple de ce paragraphe, qui est une véritable vue en 5D, avec le relief, l’occupation des sols, la localisation, les émotions et le passage du temps, sans parler de la sensation d’être en présence de quelque chose de plus globlal, d’une scène ailleurs qu’en Europe :

La prairie est riche et touffue, et l’on ne voit pas le sol. Elle retient la pluie et le brouillard qui pénètrent dans la terre, alimentant des ruisseaux dans tous les ravins. Elle est bien entretenue et il n’y a pas trop de troupeaux pour la paître, pas trop d’incendies pour la dévaster. Déchaussez-vous pour y marcher, car cette terre est sacrée et telle qu’elle sortit des mains du Créateur. Protégez-la, gardez-la, nourrissez-la, car elle protège les hommes, nourrit les hommes, garde les hommes. Détruisez-la et l’homme est détruit.

Pleure O mon pays bien aimé, Alan Platon, 1950

Ce paragraphe contient de réels aspects concernant le lien entre tous les éléments de la « prairie« , dont l’être humain… Mais être spectateur n’est pas être acteur…

Est-ce que la distance que nos pratiques culturelles prennent avec le réel, auraient un rôle dans notre sensation d’être coupés du milieu ? Le jeu des percussionistes du Lac Baïkal est peut-être une improvisation dans ce sens…

On y trouve un rapport avec la musique traditionnelle, qui est beaucoup plus visible dans ce projet, Routes Nomades, qui s’intéresse à la tradition musicale mongole.  Là-bas, la musique, l’agriculture, le paysage, l’art, sont accordés sans contradiction… Il y a par exemple un aspect concernant la relation entre le morceau chanté  et la situation dans son milieu.

Le CNRS a dans ce même registre organisé un concert de « Luthophones », les pierres musicales qui étaient utilisées à la préhistoire.