La cartographie et l’espace

La cartographie demande de faire des projections… C’est une discipline assez inexacte faite d’approximations, un peu comme un texte,  avec des méthodes aussi scientifiques, mathématiques, ou informatiques qui possible… La liste interminable des codes EPSG symbolise les efforts de technicité qui sont demandés pour faire une carte.

Une carte de l’Afrique publiée dans l’Encyclopédie en ligne Britannica montre cela par exemple, en comparant avec une projection « Plate carrée » dont on n’a pas forcément l’habitude, les superficies de nombreux pays par rapport à ce continent.

Le continent africain étant la référence visuelle, on se rend compte que les proportions en kilomètres carrés sont complètement différentes de ce que l’on voit sur nos planisphères habituels (souvent en projection « Mercator »).

 carte_afrique

La carte est en partie une forme d’art, par l’aspect coloration et organisation des écritures. Par cet aspect, surtout dans la construction de cartes à la main, la cartographie contient quelque chose qui n’est pas de l’ordre de la science exacte. L’oral est aussi quelques chose important, en cartographie et en géographie. Parfois la littérature peut expliquer en un seul chapitre ce que les sciences dures ou les sciences humaines ne peuvent pas réellement analyser. Ce chapitre d’un livre assez connu contient deux choses importantes qu’on ne retrouve pas sur une carte : une notion d’itinérance, qui apporte une forme de quiétude, et une relation du conteur avec le milieu ambiant, qui semble apporter une connexion entre tous les éléments de la scène.

Il y a une jolie route qui mène d’Ixopo dans les collines. Ces collines sont couvertes de prairies, vallonnées et plus charmantes qu’on ne pourrait dire ou chanter. La route y monte pendant douze kilomètres jusqu’à Carisbrooke, et, de là, lorsqu’il n’y a point de brouillard, l’on découvre à ses pieds l’une des plus belles vallées d’Afrique. Alentour s’étendent herbages et fougères, et l’on entend au loin le cri mélancolique du titihoya1, l’un des oiseaux du veld2. Plus bas, coule l’Umizuku qui vient du Drakensberg et s’en va vers la mer et, de l’autre coté du fleuve, les hautes chaînes de collines se dressent les unes derrières les autres jusqu’aux montagnes d’Ingeli et d’East Griqualand.

L’immensité, la variété du milieu sont bien perceptibles dans ces lignes. Elle ne ressort pas vraiment en cartographie, même si c’est un document visuel, construit avec autant de soin que l’on veut…

Pleure O mon pays bien aimé, Alan Platon, 1950

 

1 Onomatopée, désigne un oiseau de la famille du pluvier

2 Nom afrikan, signifie prairie. Peut également servir à désigner de l’herbe. Exemple : ce veld est pauvre

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